Afrique: course au développement et déculturation

Afrique: course au développement et déculturation
La course débridée au développement cache le piège d'une déculturation Rédaction Pajafrik

La course au développement, ce grand jeu de dupe dans lequel il est plus facile de perdre son identité culturelle que d’atteindre l’objectif visé. A quel prix sommes-nous prêts à y jouer?

Le développement de l’Afrique, voici un sujet qui n’a cessé de faire couler beaucoup d’encre. Aussi vaste soit-il, ce sujet requiert beaucoup de tacts dans son analyse tant les implications sont multiples. Dès lors, cette réflexion n’a pas pour but de traiter entièrement du développement de l’Afrique, mais plutôt de soulever l’implication de la culture dans ce vaste fourre-tout.

L’ONU définit le développement en termes d’objectifs. De la santé à la réduction de la pauvreté, en passant par la lutte contre la faim, l’éducation, l’emploi et autres, ce sont là des objectifs que l’Organisation des nations unies fixe aux candidats au statut de pays développés. Mais à y voir de près, ces dits objectifs, bien qu’applicables à toutes nations, sont nettement guidés par des exigences référentielles dont seuls les pays dits développés détiennent le secret.  C’est à croire que le développement requiert l’assentiment des maîtres de ce monde. Vous ne serez développés que si eux le décident.

Dès lors, il est à se demander, et cela à juste titre, s’il n’y’a pas là un risque d’imposition de volonté, de calque culturel et même de perte d’identité.

Pouvons-nous, nous africains, éduquer nos enfants selon nos cultures et espérer atteindre le développement si tant est-il que l’éducation est l’un des objectifs de ce développement?

Pouvons-nous librement décider des secteurs à privilégier dans notre course au développement, et ce, selon nos besoins spécifiques sans être rappelés à l’ordre par les maîtres donneurs de leçon? Les questionnements de ce genre sont multiples et ne sauraient être toutes couvertes ici.

Le piège des aides au développement

Et quand les maîtres dans leur magnanimité décident de mettre sur pied des systèmes d’aide au développement, alors vient l’estocade à notre identité. Ne dit-on pas chez nous que la main qui donne est toujours au-dessus? Ainsi la main qui donne vous dira que vos poules et cochons que vous élevez depuis l’ère de vos pères souffrent de grippe et qu’elle a les moyens de vous fournir de la viande de qualité. La main qui donne vous dira que vos rites et coutumes sont barbares et qu’il vous faut ouvrir une brèche à la mondialisation. Et pendant que les média de la main qui donne vous bombardent de façon compulsive de leurs cultures, elle vous dira un jour qu’elle va suspendre son aide si…… (et Dieu seul sait combien il y’a de si).

Déculturation achevée

Le Larousse définit le terme déculturation comme perte de tout ou partie de la culture traditionnelle au profit d’une culture nouvelle. Ainsi donc, on se réveille, un beau matin, étonné de voir des chamboulements énormes dans nos habitudes de vie. Les enfants trouvent leurs parents ennuyeux quand ceux-ci leur parlent de leurs aïeux et des rites qui ont jalonné leur vie. Les rites d’initiation qui ont formé les hommes de nos terres, sont en voie de disparition. Le respect s’achète désormais. Quant à la vie, elle tourne désormais autour de l’argent. Nous nous tournons désormais vers les maîtres, nous sommes complètement déculturés.

En fin de compte, il est indéniable que l’Afrique revoit sa copie car il existe un risque énorme de déculturation dans la course débridée au développement.

Rédaction Pajafrik

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